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A propos

Je m'appelle Thierry GOGUET et j'ai 43 ans.

De formation (info)graphiste, j’ai aussi appris de manière autodidacte à maîtriser le multimédia. Passionné par le monde du web et ses dérivés, depuis plus de 15 années, ainsi que par la NTIC et le design, j’essaie d’être le plus polyvalent possible.

J’ai aussi su me forger une expérience de formateur adaptable à différents niveaux et diverses matières informatique (graphisme, internet, informatique large, utilisation de périphériques externes divers…).

Pendant mon temps libre, j’utilise mon savoir-faire, mes idées créatives et ma passion pour la musique à la réalisation de mix musicaux de styles variés. Et quand je n’ai pas le nez dans la musique, je dévoue mon temps à une autre grande passion : les bouquins de SF et les magazines scientifiques/explicatifs.

A force de lecture et par envie de passer de « l’autre coté », je me tente à l’écriture de nouvelles, textes et réflexions en tout genre que vous pourrez découvrir sur mon blog (lien ci-dessous).

Pour me contacter

Utilisez le formulaire dédié ou téléphonez moi au [+33]6.51.92.92.70.

Travaux

Motivation

Fort de plus de 10 années d’expériences dans le graphisme, dument récompensées en 2006 par l’obtention d’un BTS Intégrateur Multimédia (mention TB), j’ai su de manière autodidacte élargir mes connaissances à l’aide d’internet et de divers livres dédiés. Cette expérience dans le graphisme et le webmastering, ainsi que mes aptitudes à la formation m’ont apporté le savoir-faire nécessaire à la gestion de projets (de la conception à la réalisation), au travail en collaboration avec des clients privés et professionnels (que l’on sait souvent exigeants et pointilleux). La formation et le service au client m’ont également appris patience, rigueur, ponctualité, autonomie, organisation, créativité et réactivité.

Plutôt dynamique et motivé, je suis capable de m’adapter rapidement, et suis disposé à suivre toutes formations complémentaires qu’une entreprise jugera nécessaire pour son bon développement.

Le média internet, le design et le graphisme sont une passion autant qu’un travail et c’est avec plaisir que j’apprends sur les nouvelles évolutions techniques et/ou technologiques, et à trouver de nouvelles solutions dans le but de mener à bien un projet.

Certain que ces quelques éléments ne peuvent vous convaincre complètement, je reste à votre disposition au numéro ou formulaire ci-dessous.

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Textes

idées en vrac

J'écris de petits (ou longs) textes au gré de ma fantaisie ou de mes envies.

Vous pouvez les retrouver ici :

Autobiographie d’un polisson

Petit polisson

 

De ma jeunesse, je garde le souvenir d’un enfant joyeux, bavard, mais aussi indépendant, voir solitaire (même si j’étais très sociable).

Tout commence dans la clinique des roses, dans les Hauts-de-Seine, dans une ville finissant par « aux-roses ». Pour la énième fois je la refais (comme ça, c’est fait), d’entrée de jeu, on m’a dit que les garçons naissaient dans des choux, et les filles dans des roses, sauf que moi, je suis né dans un chou qui baignait dans les roses… En effet, mes parents habitaient alors « rue des Roses »… Etait-ce un signe ?

Je n’ai rien fait de bien singulier dans cette ville, à part y naître, ce qui est un sacré effort quand même ! Je ne m’en souviens pas, mais ma mère m’a toujours dit que j’avais parlé de bonne heure, tant et si bien qu’à l’hôpital, les infirmières me « kidnappaient » afin de me faire causer. Et bla bla bla, vas-y que j’te raconte ma vie, à coup de « ma mère elle fait des frites » (j’aimais le son « rrrr » parait-il, et j’insistais lourdement dessus… c’était mon p’tit côté star) et  »mon père il fait des pâtes » (ce qui est faux, car mon père est le seul être au monde qui me demande encore aujourd’hui comment faire des pâtes).

1 an plus tard, direction Rueil Malmaison pour la p’tite famille. Là, je découvre les joies de la nourrice et la vilenie de l’abandon, tous les matins, par ma mère partant au travail. Pas grand souvenirs de cette époque, mis à part une menace faite à ma mère un matin, en pleurs et visiblement hargneux, derrière la grille de la nourrice : « un jour, quand je serais grand, ben MOI AUSSI j’te mettrais en nourrice ! ». Je pense que pendant un moment, elle a du croire que, plus vieille, j’allais la mettre en maison de retraite dès que je pourrais…

Après la nourrice, la maternelle. Là, tout se passait paisiblement, mis à part 2 ou 3 trucs…

Il est vite apparu que je n’aimais pas la sieste, mais alors PAS DU TOUT ! Mais, ils avaient à faire avec un malin… Lorsque l’heure arrivait, hop, tout le monde au lit ! Et quelques petites minutes plus tard, je chantonnais… et quelques grandes minutes encore plus tard, je chantais vaillamment, couvrant certainement les râles et les pleurs de mes co-siestards. Il s’en suivait presque immédiatement un débarrassage de plancher pour un posage dans la classe de CP, au fond, où, impressionné par les « grands », je ne  pipais mots du coup… (Je pense aussi que j’essayais de comprendre un peu le cours, mais mes maigres ressources cérébrales ne m’aidaient pas des masses… jamais là quand il faut elles).

Un des autres grand trait de la maternelle, c’est que j’avais un appétit féroce (allez savoir pourquoi, j’ai commencé ma vie épicurien). J’avais l’avantage d’aimer manger (de tout) et de manger vite, avantage qui n’était pas celui de mes voisins de droite et de gauche. C’est donc naturellement que j’engloutissais ma « petite » assiette, et que, le temps de poser la question  »t’en veux plus ? » ou bien « t’aime pas ? », hop, je chourravais l’assiette de l’un, la finissait, et celle de l’autre suivait. Tant et si bien  qu’à la fin, mes parents furent convoqués par la directrice où on les toisa d’un air mauvais (dur de justifier que l’on nourrit correctement son fils et qu’il aime juste manger…). Tel que vous me voyez là, je suis un rescapé de la DDASS ! Vous l’aurez compris, le moyen de pression était tout trouvé pour mes parents : privé de manger !

Je n’ai jamais été un accro aux desserts, mais du repas dans son entièreté. Rien qu’à l’époque du bavoir et des petits pots (que je n’aimais pas… mes pauvres géniteurs, obligés de cuisiner ET de mixer le tout…), je braillais entre 2 cuillérées, estimant que ça n’allait pas assez vite.

Quelques années plus tard (je ne me souviens pas combien), direction la banlieue sud : Les Ulis.

Au début, rien à signaler, je me posais  en observateur d’un nouveau milieu. J’explorais librement les moindres recoins  de la ville, les sentiers dans les buissons, les dédales de parking, les travaux publics (la ville était en construction), le parc, etc…

Quand j’ai bien été habitué et qu’à la 2ème partie de maternelle et début de primaire je me sois fait un pote (mon voisin du 3 ou 4ème), il fût décidé le début des hostilités.

Tout d’abord, la vieille grincheuse de vendeuse de journaux ne nous plaisait pas du tout, mais alors, pas du tout ! A nous mater par dessus ses demi-lunes en baissant légèrement la tête, comme si on était tous des voleurs ! Rien que ce mauvais regard, ça valait AU MOINS une connerie. Nous mélangions donc consciencieusement ses magazines dans le rayon, l’air de chercher le dernier Mickey, Pif Gadget ou programme télé, que l’on achetait au final (au départ, on venait un peu pour ça quand même). Je ne sais pas si nos airs « bon français » ou angéliques nous ont aidés, mais en tout cas, on a mis son magasin en bordel pendant un moment, sans jamais se faire chopper (nous méritions un trophée à mettre sur la cheminée, rien que pour ça… mais ni lui ni moi n’avions de cheminée, alors on s’est contenté des gadgets de Pif, Bonux et Kinder pendant les vacances).

Pendant ce temps, nous menions une vie heureuse, dans le même immeuble, faisant les cons dans les mêmes buissons… Le pauvre vendeur de tapis, s’il est encore vivant (car il n’était déjà pas tout jeune le bougre, à porter ses 10 tapis persans, faut y aller hein !), il doit encore se souvenir de nous ! Lui, pour vendre ses bidules, il braillait « héééééé », comme une pie sur un branche, à intervalles réguliers. Et nous, dans nos fourrés, on répétait (en rajoutant des  »haaaa » ou « hoooo » de temps en temps, pour changer un peu). A la fin, il s’agaçait et finissait par gueuler en arabe après nous (on s’en foutait, on comprenait pas nous, et on était mort de rire du coup, à essayer de répéter ce qu’il braillait). Le soir, le week-end, des fois, on se faisait des soirées chez l’un ou chez l’autre. C’était toujours sympa car on préparait des « pestacles » pour les parents… Avec les costumes, et tout le tintouin ! Comme il avait une soeur, plus jeune que nous, c’était pas toujours drôle car elle voulait toujours nous suivre ! Et c’était pas la peine d’essayer la semer dans le 3 pièces hein… Heureusement, on prétextait avoir oublié un truc chez l’un ou l’autre (dépendant de chez qui nous étions, vous l’auriez compris) et on pouvait être tranquille, car elle avait interdiction de sortir (cause aux escaliers de l’immeuble… Nous, on pouvait se casser la gueule dedans, c’était pas bien grave, mais elle, pas question !). Là on préparait nos affaires, on mettait à sac les armoires des parents, on choppait les accessoires de partout et, à force de les agacer à l’apéro, on finissait par se produire, sous la lumière des projecteurs, devant notre Olympia à nous. Ils nous regardaient attentivement (pas le choix, si on sentait une faiblesse, on faisait participer le  public) et nous gratifiaient de chauds applaudissements à la fin. Nous saluions au moins 3 fois, nous retirions, puis battions le rappel (obligatoirement volontaire aussi).

Lui, avait une petite télé dans sa chambre, vous savez, les mini téloches portables, où on capte jamais rien. C’était fun car, pendant que les adultes discutaient chiffons, nous, on tentait de capter une chaîne. Une fois, tard (vous allez comprendre un peu après), nous sommes tombé sur Canal+ (hé hé hé). Hop, la sœur, dégage ! Une rumeur courait alors pour décrypter Canal simplement (oui, nous étions à l’affût des avancées technologiques, et j’étais déjà un grand pirate dans l’âme) : il suffisait de mettre un miroir de chaque côté de la télé, et hop, niqué le cryptage ! Il n’a pas été simple de dégotter 2 miroirs portables, un samedi soir, tard… On s’est donc contenté du miroir Barbie de la sœur (nous avons failli le souiller de ces affreuses images) et d’un couvercle en métal de gâteaux Delacre (normalement, ça DEVAIT fonctionner !). Et nous voilà à tenter de pirater Canal, avec nos faibles moyens… Ils feraient pas les fiers à l’école après ça ! A nous la fortune, les bonbons en pagaille et les nanas de la télé ! Il faut quand même vous indiquer que pour nous, ce que ces gens faisaient dans le film, était un fait scientifique à observer, et pas ce que l’on en connaît aujourd’hui hein… Nous étions vierge (c’est le cas de le dire) de tout savoir à ce  niveau et ne cherchions qu’a comprendre. Cependant, cette tentative fût infructueuse (et merde). Nous avions beau tourner les miroir dans tous les sens, essayer de synchroniser le mouvement des miroirs avec le cryptage, rien n’y faisait… C’est que nous étions motivés pourtant ! Il a été décrété que c’était la faute au couvercle, qui n’était pas un vrai miroir, qui n’avait pas le même pouvoir réfléchissant et qui, donc, n’agissait pas de la même manière qu’un VRAI miroir (l’honneur était sauf). Nous n’avons jamais réessayé, faute de miroir suffisant (à moins de déménager la télé dans la salle de bain, mais c’était trop risqué, sans compter qu’il était impossible d’agiter le miroir mural et trop fatiguant de secouer la télé à la place, sans compter que ça déréglait l’agitation du second miroir… Cette méthode se révélant donc trop sophistiquée, nous l’avons laissé tomber).

J’avais aussi mon voisin d’en face, mais avec lui, c’était moins drôle. D’autant plus qu’il ne s’entendait pas très bien avec mon autre voisin. Mais ce voisin là, il avait une console Atari !!! Avec Pong (le super jeu de ping-pong) ! Et puis il avait un peu plus de jouets que moi, alors je l’aimais bien (vénal que j’étais). Il avait les X-Or, des Big Jim, des GI Joe. Pis c’était plus facile d’aller chez lui, il habitait en face. Pas besoin de grimper les escaliers. Je profitais donc de sa présence de temps en temps, histoire de jouer avec ses jouets quoi… (Mon pote des étages du dessus était comme moi, il n’avait pas trop de jouets, et pas d’Atari. Pis c’était un footeux, alors comme j’aimais pas ça, j’allais pas avec lui à l’entraînement. C’est con parce qu’il jouait avec celui qui deviendra le connu Thierry Henry…)

Puis un jour, nous avons grandi (si si !). Nous arrivions vers les 7-8 ans et étions comme 2 frères avec le pote du 3 ou 4ème. Et le début des « mauvaises » conneries a commencé. Innocemment, nous allions voler nos gâteaux et bonbons au Felix Potin du coin. La technique mise au point était celle là : blouson large (type Bombers, vous savez, le truc des Skins et des videurs) + rapidité d’exécution + gueules d’innocents. Nous arrivions au magasin, nous filions directement au rayon gâteaux et bonbons (il nous  avaient facilité la tâche, c’était le même rayon), rapidement, pendant que l’un surveillait, l’autre mettait un sac ou deux de bonbons dans chaque manche, puis un ou deux paquet de gâteaux dans le corps du blouson, puis nous filions au rayon des jouets, l’air de rien, tranquillement, comme 2 gamins innocents dans un magasin, et parfois même, nous risquions la provocation d’aller lire 1 ou 2 BD. Ensuite, nous passions aux caisses avec un grand sourire en disant un beau « je n’ai rien, je peux sortir ? ». la caissière, occupée à taper ses prix (y’avait pas de code barre aux caisses à cet (vieille) époque là… La nana se tapait tout à la main !), nous laissait tranquillement passer. Nous savions, par expérience, que les arches électroniques ne fonctionnaient pas, alors nous sortions tranquillement, comme nous étions entrés. Nous  allions ensuite au parc déguster le fruit de notre rapine, sur un banc avec vue sur le l’étang artificiel.  Au marché aussi nous nous servions. La technique était la suivante : suivre un adulte de près, mais pas trop, pour faire croire aux maraîchers que nous suivions nos parents, et l’air de rien, chopper 2 / 3 conneries au passage, puis disparaître dans la foule. Très important : changer de look, de coiffure et d’étal très souvent pour ne pas se faire repérer (d’un marché à l’autre, ils oublient)! Mais hélas, tout à une fin. Un jour, je me suis fait prendre au Felix Potin… Alors que j’utilisais notre tactique habituelle, nous avions été repérés par le responsable du magasin. Il guettait notre sortie, pour nous chopper en flag’. Au moment du passage en caisse, mon pote était passé juste avant moi à une autre caisse, j’entends un « hep toi là bas ! ». Là, là, coup de pression énorme ! Le cœur s’emballe, on ne réfléchi plus et on court ! Sauf que (et oui, je vous ai dit que je m’étais fait avoir), au moment de franchir les portes vitrées de la sortie, alors que j’avais été plus vif que les vigiles, une vieille à 3 jambes me barre la route de la liberté… J’avoue que j’ai eu un moment d’hésitation en voyant les grands blacks en costume (men in black ??) s’approcher vivement : soit je fout la vioque, sa canne et son caddie à roulettes dans la porte vitrée, au risque de lui écraser son vieux nez, ses vieilles lunettes et ses poireaux, soit je stoppe ma course là, et c’est fini pour moi. En regardant dehors, je vois mon pote qui avait réussi à sortir, mais qui m’attendait là, comme  un gland et en tournant la tête, je vois les blackos. Mon choix effectué, je fais signe au poto de se tirer, et rapide, juste au moment où on me met la main dessus. S’en suit une prise de tête avec le patron, les flics et enfin, la cerise sur le gâteau (si je puis dire ainsi) : le père.  Le retour à la maison fût très silencieux, synonyme de très gros problèmes à l’arrivée. Le chemin semble très très long dans ces cas là, et le cerveau est aussi très inventif !  Mon père avait fini par s’arranger avec le boss et les flics, il avait acheté l’unique paquet de bonbon que j’avais sur moi (ce jour là, j’avais été frugal… coup de bol dans mon malheur) : un paquet de bouteilles de coca acidulées de marque Léo (ça marque ces choses là). Je n’ai pas pris de raclée, car ce n’était pas le style de la maison. J’ai  été privé d’un peu tout pendant quelques semaines, et j’ai eu droit au grand silence mortuaire de mes parents. Autant vous dire que ça m’a calmé un temps (mais, vu que nous étions au rez-de-chaussée, je partais quand même faire des petits tours en passant par la fenêtre de ma chambre, histoire de…). La suite fût parfois moins glorieuse que ce 1 er larcin, alors je la tairais.

Un an plus tard, alors que mes 9 ans sonnaient, je fus envoyé en pensionnat au Petit Clamart pour inaugurer mon CM1, mes parents jugeant l’éducation de l’école publique de banlieue un poil absente. Cette année fût celle du changement. Mon pote de conneries me jugeant faux frère et déserteur, je ne le revis que rarement. Mes autres « potes » n’étant qu’intéressés par le fait que je fasse partie de la « bande » ne m’adressèrent plus la parole. J’étais donc un paria dans ma propre ville et un p’tit nouveau dans une autre ville, le week-end dans l’une et la semaine dans  l’autre.  Cette école s’appelait le « Cours Jean de la Fontaine « , et en arrivant, elle en imposait à l’œil avec son portail en fer forgé, sa grande allée de cailloux blancs, et son petit « château » au fond.

Me voilà sur le seuil, un lundi matin grisaillant, lâché sur le trottoir d’en face, entre 2 arrêts dû aux bouchons du Lundi matin en région parisienne, avec mon gros sac tout neuf rempli d’affaires propres, de ma couette et mon oreiller, le tout aussi grand que moi, sur le dos.

J’ai vite appris à trouver ma place sans l’aide de personne. Le service de midi et du soir n’était pas un self, mais basé sur le principe de service volontaire. J’ai très rapidement été volontaire très souvent. Non pas que j’étais altruiste de nature, mais après le service des élèves, il y avait le débarrassage de la salle à manger des profs, avec moult restes INTACTS ! J’ai vite appris aussi à faire un baluchon optimisé avec une serviette en papier, à sélectionner les éléments de choix (le périssable « sur l’heure » étant à laisser à l’abandon, ou à consommer sur place).

Nous n’avions pas de casier, juste des tables  en bois de la vieille époque avec un espace à nous en soulevant le plateau, mais rien de privé. Il m’a donc fallu rapidement faire face à la convoitise et aux larcins divers et variés. Il était aussi interdit de ramener de la nourriture en classe, alors le risque était double ! Si convoitise, 2 alternatives uniquement : la dénonciation ou le vol. Il n’était pas envisageable que ça arrive. Je trouvais rapidement une planque dans un placard isolé, mais pas pratique pour un accès régulier.

Un peu plus tard, j’ai vite compris le « pouvoir » du commerce.

Cette école n’était pas mixte et ne comptais que 3 classes à mon arrivée. Les CE1 et CE2 dans la même salle, les CM1 et CM2 dans une autre (juste à côté), et une 6ème. L’année suivante, s’est installée une 4ème, l’année encore après, une 3ème et l’école est devenue mixte.

Il y avait à peu près 3 « bandes » : les « loubards », les « intello » et les « joueurs ».

Les 1 ers étaient nombreux, sous la houlette d’un chef (normal, sinon c’est pas des loubards hein!) et passaient leur temps à faire des « conneries » (rien de bien méchant, mais pour eux, c’était l’exultation). Les 2èmes étaient plutôt du genre calme, à mater leurs bouquins pendant la récré et à plaisanter de manière hermétique à qui n’avait pas un minimum de culture. Autant vous dire que c’était les cibles favorites des 1 ers. Les 3èmes quand à eux, c’était le reste de la population, qui passaient leur temps à jouer aux billes, à courir, à glander, qui avaient un Q.I. respectable, sans pour autant chercher à se trimballer des bouquins pendant la récré (faudrait voir à pas déconner non plus !). J’étais de cette catégorie là, mais de manière solitaire tout en étant sociable (des potes, mais pas d’amis).

J’ai donc, en épicurien de la première heure, cerné les enjeux du négoce de goûters, de desserts issus de la salle des profs, de places en bas dans les lits superposés du dortoir.

D’abords, la bouffe. C’est l’enjeu d’un pensionnat (et du reste des endroits de vie en commun) ! Qui est pote avec le chef cuistot s’assure une place stratégique que tout le monde envie, mais que personne ne veut. Tout le monde à ses petites préférences culinaires, et c’est à moi que revenait la tâche solitaire d’y pourvoir, dans la plus grande discrétion, bien sûr ! Il n’est pas question ici d’argent (je n’ai qu’entre 9 et 11 ans bordel !) mais de troc de biens et services.

En premier lieu, une bonne place scolaire m’assure une estime professorale (et une auréole de sainteté). J’aimais étudier, j’aimais mes profs et ça tombait plutôt sacrément bien. J’étais donc volontaire pour la plupart des tâches « ingrates » du service. Il m’a fallu trouver un « entrepôt » de stockage assez facile d’accès, utilisant le casier de ma table comme zone tampon d’expédition. J’ai vite trouvé un vide caché dans le fond de la classe, avec un panneau de bois mal fixé. Puis, il m’a fallu dénicher un grand sac plastique assez solide pour en tapisser le fond, des fois que des bestioles décident d’y fourrer leur museau. Ce fût chose faite avec l’aide du cuisinier (un sac de conneries congelées de collectivité). Etape numéro 2 : collecter et stocker sans se priver. Il  fallait bien organiser l’affaire, le consommable le plus urgent en premier plan et ainsi de suite. Et toujours avoir un bon panel dans la zone d’expédition. Ainsi donc, je raflais morceaux de fromages et desserts en salle des profs (avec cellophane pour les fromages), je saoulais le cuistot à la fin de la distribution de goûter pour avoir les reliquats et ainsi commençais ma petite (et florissante) affaire.

-   »tu veux une barquette de nutella à la place de ton berlingot de lait nestlé ? C’est 2 berlingots… Tu veux 2 parts de frites à midi ? Si tu cède ta place au dortoir à X, je t’assure ça les 2 prochains midis où il y a des frites » (et ça, c’était vraiment une méga faveur car, en général, le plat était disposé sur la table, et le plus rapide qui s’en saisissait se servait le 1er… Autant vous dire qu’il ne restait plus grand-chose au dernier… Sauf s’il traitait avec moi ^^. Il y avait aussi une certaine règle que nous nous étions imposé (dans la classe uniquement, les autres étant sans foi ni loi), valable même pour les « loubards » : le réfectoire comptait des tables de 6 personnes et un peu à l’approche de midi, le premier qui disait « preums » était suivi directement par un « deuz », « troiz », etc… C’était l’ordre dans lequel chacun devait se servir, et l’on s’y pliait, aussi incroyable que ça paraisse… Sauf si, encore une fois, on traitait avec moi)

Je peux vous assurer que les « mets » les plus prisés sont (dans l’ordre) : le nutella, les barres de chocolat, les pâtes de fruit (selon l’arôme), les berlingots (nature ou aux fruits) et la tranche de cake. Il était crucial de bien cerner mon marché pour avoir de quoi satisfaire la demande, vous comprenez.

Ainsi allait ma vie en primaire, à l’internat. Celui-ci disposait de 3 étages pour y loger ses pensionnaires. Les CE1, 2 et CM1, 2 logeaient au 1er, voir au 2ème s’il n’y avait plus de place, après, les 4ème furent logés au 2ème et les 3ème au 3ème.  Le 1 er étage était composé de 3 grandes chambrées d’environ 20 lits superposés chacune. Pas de douches, que des éviers sans eau chaude  à poussoir (vous savez,  les robinets où faut pousser sans arrêt). Les lits étaient, pour certains, à lattes et, pour les autres, à ressorts (les trucs en forme de vagues). Autant vous dire que la place du dessus n’était pas la meilleure car quand on tombe (poussé ou pas), ça fait haut… Et quand des petits malins s’amusent à retirer des lattes essentielles, ça tombe aussi, mais cette fois, avec un effet « sandwich ». Et une fois atterri sur la place du dessous, ça se redéploye, ce qui a donne, là aussi, un effet « sandwich », mais pour l’occupant du dessous cette fois (s’il n’est pas dans le coup, ce qui n’était généralement pas le cas). Je ne compte plus les fois où c’est arrivé. Pour vivre en collectivité à cet âge là, il fallait avoir un esprit Ninja ! Ne dormir que d’un œil, être vif et ne pas avoir peur de rien. J’avais le malheur d’être un ronfleur moi… Je ne compte plus les coups de chausson dans la face en pleine nuit… Si ce n’était pas le gobelet de flotte…

Nous testions allègrement le coup « du petit doigt dans l’eau », et pour certain, ça marchait ! (ohhh la belle tâche dans le lit le lendemain matin). Il m’est arrivé de voir des captures au petit matin, avant le réveil… Un gars était capturé, enroulé dans son matelas, le tout ficelé comme une paupiette et jeté par la  fenêtre… Le pauvre type se retrouvais à rouler sur une pente herbeuse avec un atterrissage sur un lit de terre, sans compter qu’il lui fallait ensuite se libérer puis remonter au dortoir en slip/t-shirt, avec son matelas sur le dos, le tout à 6h30 du mat’.

Il y a une règle en collectivité : celui qui subit les conneries des autres est coupable jusqu’à ce qu’il avoue QUI a fait le coup (et, de toute façon, il est coupable quand même de s’être fait avoir et d’être un mauvais Ninja). Sauf que dans l’exemple que je vous ai cité juste avant, pas fastoche de donner des noms hein…

Je me souviens du parquet pourri du dortoir de cet étage sur lequel une bonne glissade sur les fesses était égal 1 fois sur 3 à une écharde énorme plantée dans le postérieur. Je peux vous assurer que la fierté en prend un sacré coup quand on doit se faire retirer la dite écharde par un camarade et donc montrer son postérieur meurtri à tout un dortoir (qui, bien sur, vous regarde!).

Le surveillant s’appelait Gaston. C’était un black à la voix puissante et criarde, qui, je crois bien, était un peu tortionnaire. Mais il fallait quelqu’un à notre mesure !

Le salaud, les feux éteints, on ne le voyait pas  venir. On faisait nos  conneries, tranquille, pendant que lui approchait à pas de loup (c’était un Maître Ninja lui) et d’un coup, nous allumait sa grosse lampe de gardien d’usine dans la tronche, ce qui avait pour effet de nous aveugler un p’tit moment, juste assez pour qu’on ne puisse pas regagner notre lit sans se vautrer quelque part. Ensuite, quand on s’était fait gauler, on se retrouvait à genou (pas les fesses appuyées sur les talons hein, à genou droit !) les bras tendus sur le côté au milieu du dortoir, et ce, jusqu’à ce qu’il nous dise de retourner nous coucher… C’est une torture… Les minutes paraissent des heures. Dès qu’on baissait un peu les bras ou qu’on « s’asseyait » un peu sur les genoux, pof, un coup de règle carrée sur la tête… Un Maître Ninja j’vous dit ! Mais bon, ça ne nous empêchait pas d’être des p’tits cons quand même…

Le mercredi après-midi, nous avions 2h de liberté. Moi, j’allais m’entraîner à la piscine pendant 1h déjà, et ensuite, avec un camarade (devrais-je dire « partenaire » plutôt), nous allions faire le tour du quartier pour récupérer les bouteilles de Valstar (bière) et de Pshit (limonade) vide pour aller les redonner au p’tit commerçant arabe du coin, chaque bouteille étant consignée 1FF. Lui, c’était LE maître, ze boss du commerce. Jamais il ne nous refusait une bouteille, car il savait qu’avec l’argent de la consigne, l’appel du présentoir à bonbons à côté de la caisse allait nous aider à faire faire un aller retour direct à notre argent, de sa caisse à sa caisse… D’ailleurs, il faisait style, mais ne sortait pas l’argent (ze boss, je vous l’avait dit!).

Pour tout vous dire, la cours de récré était divisée en 3 parties : la cours en mâchefer, la partie naturelle (comme le crâne d’un presque chauve inversée, des pentes herbeuses sur le côté, de la terre dans la cuvette et quelques arbres épars), et le préau couvert (en cas de pluie).

Trois, ce chiffre ne vous rappelle rien ? Et oui, comme les bandes de gosses !

Les intellos avaient leur Q.G. dans le préau et les 2 autres se partageaient le reste. Cependant, il y avait un endroit où les loubards avaient la main mise : une petite cabane en parpaing dans un coin de la partie naturelle. Adossée à un mur (celui du voisin, très très très haut, pas le voisin, le mur), elle était entourée de marronniers et de feuilles, amassées là depuis des lustres. Juste à côté, l’objet de leurs jeux les plus fous : un tourniquet en métal (avec assises en bois). Comme tous les sales mômes, un divertissement avait été créé avec ce tourniquet dont les règles (simples, puisque d’origine loubarde) étaient les suivantes : une tripotée de mecs s’entasse sur le truc, d’autres le font tourner et le dernier restant sur la bête en sort vainqueur.

J’ai participé plusieurs fois à ce jeu couillon, et jamais je n’ai gagné. Mais une fois à retenu mon attention (mais ça n’a pas été la dernière pour autant).

Lorsque l’on est tous entassés, ça ne tourne pas très vite car ils ne sont pas beaucoup à le propulser et y’a de la masse à déplacer. Mais  au fur et à mesure des poussages et autres tricheries, ça commence à se déboiser sérieux, et donc, il ne faut pas rêver, les perdants, vexés sûrement, se mettent à aider les autres à faire tourner l’engin. C’est donc dans la plus grande logique que je vous expose cette loi : plus le tourniquet se vide, plus il tourne vite. Et plus il tourne vite, là, c’est de la physique, plus la force centrifuge augmente, ayant tendance à balancer les résistants survivors à l’extérieur, avec abondance  de cascades dans les feuilles mortes. Une fois, j’ai fait parti de ces survivors de la mort. J’étais même le challenger qui tenait vaillamment tête à l’invaincu de la semaine. La vitesse folle m’attirait de plus en plus vers l’extérieur quand tout à coup, un bruit sourd se fît entendre aux tréfonds de ma caboche.

Quelques secondes plus tard, je reprenais mes  esprits dans les feuilles, un peu plus loin. J’avais perdu…

Un peu plus tard, vaquant à mes affaires (en gros, je faisais un p’tit pipi bien mérité après cette cascade digne de l’homme qui tombe à pic), je sens que ça me gratte sur le front (mais j’peux pas tout faire sur le coup hein… J’ai beau être un Ninja, là, je traite une affaire plus urgente et je ne peux pas risquer l’inondation des chaussures) et mon voisin d’urinoir me sors un « ahhhh, t’es tout crade sur le front ! ».

Une fois mon affaire terminée, je me gratte en me disant « tsss, chui sûr que j’ai un bout de feuille morte collé avec de la terre sur la gueule depuis taleur et personne me le dit pour que j’ai bien l’air d’un con… pffff ». Cependant, après grattage, il s’est avéré que j’avais plein de sang sur les doigts… Après un petit passage à l’infirmerie, j’ai terminé à l’hôpital pour mes trois 1 ers points de suture en plein milieu du front (ENFIN j’étais un guerrier, et j’en avais la preuve !). En gros, pendant ma rotation sur la bête folle mécanique, la force centrifuge m’a déporté vers l’extérieur et je me suis mangé la poire dans un coin de parpaing… C’était donc ça le bruit sourd !!!

Ces trois années d’internat (encore le chiffre  trois, décidemment ! Je n’avais jamais fait le rapport avant ce soir) dans cette école ont été les meilleures de ma vie scolaire. Des cours de théâtre, de l’anglais, des classes de neige (ahhhhh, les souvenirs affluent !! Mais ça sera l’objet d’un autre récit si vous le voulez bien) et on avait notre potager (oui oui, vous ne rêvez pas).

L’été de mes 12 ans, mes parents ont déménagé des Ulis à Orléans. Je suis parti en colo avec la troupe, en train, de paris Austerlitz, j’étais un parigot. J’en suis revenu en train aussi, je suis descendu seul avec ma valise à l’arrêt Fleury Les Aubrais, j’étais Orléanais.



Ziks

Des mix !

Je suis un passionné de musique(s) et, dans ce but, je réalise des petits mix.

Au départ, ces derniers m'étaient uniquement destinés. Puis, au fur et à mesure que des ami(e)s les écoutaient, ce passe-temps à pris de l'ampleur pour en arriver au niveau actuel.

Vous pouvez les retrouver ici :

http://zik.demezathor.fr

Vous pouvez écouter le dernier mix en date :

#135 – Soleil Mix
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